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Le 'Casse-toi, pauvre con' de Sarkozy cartonne

Edouard De WitteFeb 25, 2008

La visite de Nicolas Sarkozy au Salon de l'agriculture samedi a été marquée par un échange d'invectives entre un visiteur et le président, séquence filmée qui a été diffusée dans la soirée sur le site leparisien.fr. Cette séquence vidéo qui montrait notamment M. Sarkozy répondant au visiteur: "Casse-toi alors, pauvre con", a été visionnée plus de 630.000 fois ce week-end, selon le compteur du site du Parisien.

Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, évoquant l'incident qui a opposé samedi Nicolas Sarkozy à un visiteur au salon de l'Agriculture, a estimé lundi que le président avait répondu "d'homme à homme" à quelqu'un qui "l'agressait verbalement".

"Le président de la République a répondu clairement mais assez calmement, il n'était pas du tout énervé (...) à quelqu'un qui l'agressait", a déclaré M. Barnier à Europe 1. Le ministre, qui se trouvait au côté du chef de l'Etat lors de l'inauguration du salon, a indiqué ne pas avoir entendu les mots prononcés.

"A un moment donné, quelqu'un a agressé verbalement le chef de l'Etat. (...) Et le président de la République, c'est un homme qui est spontané, direct et assez moderne dans son comportement. Il n'y a pas d'hypocrisie avec Nicolas Sarkozy, il lui a répondu d'homme à homme et il ne faut pas s'en étonner", a déclaré M. Barnier.

Il a souligné que "à part ce petit incident, cette anecdote avec laquelle on fait trop de bruit", le président "était très heureux de l'accueil qu'il a reçu" au salon de l'Agriculture. "Il est resté souriant de bout en bout parce qu'il était chaleureusement accueilli par les Français". Sur le terrain, "je sens des Français qui en ont assez de cette agressivité systématique contre Nicolas Sarkozy, contre le gouvernement", a par ailleurs souligné le ministre. "Les Français sont impatients, attentifs, car on a beaucoup engagé de réformes, (...) et je sens plutôt une remobilisation à la veille des municipales", a-t-il conclu.

Le ministre du Travail Xavier Bertrand a déclaré lundi matin sur RMC qu'on n'avait "pas le droit d'humilier le président de la République" en référence aux propos "blessants" selon lui tenus samedi par un visiteur du Salon de l'Agriculture, à qui Nicolas Sarkozy a vertement répondu. "J'en ai marre de ce sytème qui est complètement insensé, où on ne retient que cinq secondes de cette visite au Salon de l'Agriculture", a ajouté M. Bertrand, qui était interrogé par RMC sur ce vif échange. Selon lui, M. Sarkozy a "prononcé" lors de cette visite "un discours fondateur pour l'agriculture (...) Et qu'est-ce qu'on retient ? cinq secondes", a-t-il déploré.

Un échange d'invectives entre un visiteur et le président, séquence filmée a été diffusée dans la soirée sur le site Le Parisien.fr. A 18h00 dimanche, cette séquence de 45 secondes, de piètre qualité visuelle et sonore, avait été visionnée plus de 630.000 fois, selon le compteur du site du quotidien, sans compter les consultations sur YouTube, un site spécialisé où les internautes peuvent déposer les vidéos qu'ils souhaitent partager, et où elle apparaissait à plusieurs exemplaires.

La vidéo avait également été postée durant la nuit sur et Dailymotion, mais elle a rapidement disparu de ce site, sans explication. Cette vidéo montre le chef de l'Etat, très entouré et souriant, prenant un bain de foule et serrant des mains, quand un visiteur d'un certain âge et portant des lunettes, lui lance: "ah non, touche-moi pas". "Casse-toi, alors", répond M. Sarkozy. "Tu me salis", enchaîne le badaud. "Casse-toi alors, pauvre con", réplique le président.

Un des journalistes du Parisien présent sur la scène a indiqué dimanche, sur France-info, avoir filmé la visite de Nicolas Sarkozy dans son intégralité, mais ne s'être rendu compte de l'incident qu'en revisionnant la vidéo, vu la cohue et le brouhaha.

Le premier secrétaire du PS, François Hollande a jugé "insupportable que le président ne soit pas exemplaire", estimant qu'il "ne doit pas se comporter comme n'importe quel citoyen". En tant que président de la République, "on ne rentre pas dans un conflit avec quelqu'un qui ne vous serre pas la main", a-t-il souligné sur Canal+.

Le 6 novembre, une autre algarade avait également suscité de nombreuses réactions chez les internautes: elle avait opposé le président à un marin-pêcheur du Guilvinec, "Juju", Julien Guillamet, 21 ans qui, perché sur une terrasse de la criée de ce port breton, l'avait invectivé. M. Sarkozy lui avait demandé de descendre s'expliquer. "Si je descends, je te mets un coup de boule", avait répliqué le jeune homme, sautant une barrière avant d'être arrêté par les services de sécurité. "Juju" avait ensuite été invité à faire partie d'une délégation de pêcheurs reçue en janvier à l'Elysée.

En juin 2007, des images de Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse au G8 -où des internautes avaient vu des signes d'ébriété- avaient été visionnées plus de neuf millions de fois sur internet, une semaine après leur mise en ligne.